Fuck you proud boy, I’m a Redskin

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Les USA, on le sait, c’est toujours mieux in real life. En pleine période d’obscurantisme raciste, le président de la superpuissance donne ses ordres en direct à la télé à ses pitbulls suprémacistes et la planète des barbus tatoués mégaswag apprend, horrifiée et les bras levés au ciel en une supplique désespérée, que le cofondateur de Vice (bible hipster s’il en est) et prince des hipsters lui-même, est en fait le fondateur des proud boys trumpesques. A ce niveau-là, on n’est plus dans la théorie du complot, on est dans le grand guignol, plus très loin d’une version facho décomplexée de Sharknado.

Bref, nous allons laisser les polémiqueurs polémiquer, puisqu’en ce qui me concerne*, je n’y vois là qu’une nouvelle et cinglante confirmation des fantasmes racistes et suprémacistes de Donald T. et, de plus, ça me donne un excellent prétexte pour aborder le sujet de l’engagement politique dans la musique.

Le rock, qu’il ait de longs bras aux muscles surgonflés ou décharnés, avec ou sans tatouages, a toujours été on/off sur le plan de l’engagement. D’un côté, on vante le way of life, la liberté et l’insouciance et les problèmes de coeur, de dope et de pognon, tandis que, sur l’autre versant, soufflent les bourrasques de la rebellion et de la conscience politique. Du MC5, premier groupe blanc ouvertement antiraciste et antifasciste, dont on connait l’histoire, notamment à travers le White Panther Party et l’hallucinante persécution policière dont ils ont fait les frais, jusqu’à Skrewdriver, les skinheads racistes nostalgiques du III° reich qui ont entrainé nombre de rude boys blancs indécis du côté obscur, les épanchements militants ont toujours eu cours des deux côtés de barrière. Bien heureusement, outre quelques poignées de nostalgiques de la svastika et du drapeau confédéré, l’écrasante majorité des groupes et artistes engagés a choisi de s’exprimer en faveur des libertés et de la tolérance.

Woody Guthrie-This Land Is Your Land

Le père du militantisme politique et social mis en musique, Woody Guthrie, l’emblématique hobo et père spirituel du folk 60’s, aurait de quoi être fier : sa descendance est prolifique et protéiforme. Parmi les plus emblématiques, et il y en a un copieux paquet, se trouvent en très bonne place The Redskins.

The Redskins The Power is Yours

Après une flopée de singles (tous difficilement trouvables) contenant quelques superbes perles,
le groupe sort son unique album (facilement trouvable car réédité), Neither Washington nor Moscow, en 1986, en pleine montée outre-manche du National Front. Il fallait une sacrée dose de courage et les anecdotes sont nombreuses sur les galères subies par le groupe, mais la force de leur discours, parfaitement associée à leur soul dopée au punk et au rock’n‘roll, va laisser de durables traces dans le rock social anglais.

redskins band tribute film

Ceci-dit, les français d’hier et d’aujourd’hui, ne sont pas en reste sur le sujet de la lutte contre les discriminations. J’en veux pour preuve ce clip des excellents MSS FRNCE dont la concision ne laisse aucun doute sur la manière dont il faut agir avec les racistes et les suprémacistes de toutes origines.

MSS FRNCE - Des flics, des fafs (Richard Spencer edition)

* Je parle à la première personne car j’assume mes prises de positions et, même si je connais les idées des ElecTsu sur le sujet, je ne les associe pas sans leur accord (que je n’ai pas demandé à l’heure actuelle) à cet article.

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