MAGAZINE : SECONDHAND DAYLIGHT

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Magazine ? Quel magazine ?

C’est la question à laquelle j’ai droit à chaque fois que j’aborde ce groupe avec des personnes quand on parle de musique (à l’exception des éminents membres d’Electric Tsunami). Non non dis-je, je ne parle pas des magazines mais de Magazine, le groupe. Ah oui Magazine 60 ? Euh non pas tout à fait, Magazine tout court. Avec ma mauvaise foi habituelle, je pensais que quiconque s’intéressant à la musique de ces années-là (1979), devait connaître Magazine. Mais apparemment la (re)connaissance actuelle du groupe semble être réservée à une poignée d’illuminés devant appartenir à une secte pour le moins obscure, du moins de ce côté-ci de la Manche. Alors aux oubliettes Magazine ? C’est l’occasion de ressortir un bon vieux vinyle qui date de 41 ans.

C’est le deuxième album du groupe sorti en 1979, faisant suite au très réussi “Real Life”, sorti à peine un an plus tôt. Des membres sont partis, d’autres arrivent. Les influences des uns et des autres sont multiples. Le groupe se compose ainsi de Howard Devoto (ex buzzcocks) au chant, John Mc Geogh (guitare/sax/claviers), John Doyle à la batterie, Dave Formula aux claviers, et l’immense Barry Adamson à la basse. A la vue de la pochette, on comprend tout de suite que ce n’est pas l’album que l’on mettait sur la platine pour les fêtes locales. L’illustration est de Ian Pollock : une tête sur un poteau dans un décor d’apocalypse faisant penser aux champs de bataille de la première guerre mondiale. Le tout baigné dans une couleur verte du plus bel effet…Comment dire ? Bonjour l’ambiance.

Pas nécessaire, 40 ans après sa sortie de faire une chronique de l’album morceau par morceau. Cela a déjà été fait. Et puis cet album il faut le prendre en entier. Plutôt que nous sortir un “Real Life II”, le groupe s’aventure sur d’autres terrains de jeux. Ce qui nous donne un mélange assez unique de morceaux lents, d’autres sont plus dans la lignée de Real Life, parfois des influences pop presque joyeuses montrent le bout du nez. Certains morceaux sont déstructurés, les changements de rythme y sont fréquents, nous rappelant le rock progressif des années 70. Des dissonances apparaissent çà et là. La voix de Devoto au phrasé si particulier fait merveille, cynique, menaçante, sifflante. Musicalement on est dans le haut du panier : chaque instrument trouve sa place sans écraser les autres, les arrangements sont très riches, le son est à la fois lourd et aéré. De plus les gaillards sont plutôt de très bons instrumentistes. Le résultat : une alchimie unique qui a particulièrement bien résisté au temps qui passe.

A l’époque, à la première écoute, l’intro instrumentale de “Feed The Enemy”, premier morceau de la face A, nous donnait envie de vérifier si le disquaire ne s’était pas trompé de vinyle en le rangeant dans la mauvaise pochette. On était vite rassuré quand intervenait la basse de Barry Adamson, et quelle basse ! Grandiose tout au long de l’album ! Le premier morceau de la face B “The Thin Air”, instrumental planant, nous faisait replonger dans le doute : quoi, hein, non mais zut voilà Pink Floyd ! Ce n’était que pour mieux nous préparer à la tornade qui suit : “Back To Nature”. Commençant légèrement sur un petit piano discret pour monter en puissance et finir en un chaos indescriptible martelé par la basse d’Adamson. Du grand art vraiment. L’album se termine par un autre superbe morceau lent et envoutant “Permafrost”. “I will drug you and fuck you on the permafrost” nous chante Devoto. Ah le grand sentimental..sacré Howard !

Allez, zou, filez vite rechercher cet album. Il n’est pas parfait mais c’est pour cela qu’il est très bon. Pardon ? Vous pouvez répéter la question ? Ah oui dans quelle catégorie le ranger ? Et bien dans aucune, ce serait trop réducteur.

Magazine - Permafrost (Secondhand Daylight)

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