The Apartments – In and out of the light

The apartments | In and out of the light - Talitres Records

0
1041

Lorsqu’en 2015, Peter Milton Walsh se décidait à sortir de sa longue, très longue retraite pour réactiver The Apartments afin de nous offrir enfin, avec No song, No Spell, No Madrigal, une suite parfaite à Apart (sorti en… 1997, soit 18 ans avant), la scène pop nationale s’embrasait. Englué depuis des années dans les affres du deuil suite à la perte de son fils, Peter Milton Walsh créait, à travers cette magistrale leçon de musique, un écrin parfait à la justesse des sentiments et aux dérives de l’âme.
En effet, No song, No Spell, No Madrigal représente un sommet duquel coulent, en flot continu, des avalanches de mélodies imparables et belles à pleurer, et des torrents d’émotion brute, au niveau de ce qu’ont pu être Scott IV chez Scott Walker, Pink Moon pour Nick Drake ou encore le très récent Ghosteen de Nick Cave and the Bad Seeds, le parallèle allant d’ailleurs encore plus loin avec Nick Cave, puisqu’il a également vécu le drame absolu de la perte d’un fils.
On le sait, le désespoir a souvent forgé les grands disques, et No song, No Spell, No Madrigal ne fait aucunement exception à cet état de fait. Il s’agit du genre d’album dont on ne fait jamais totalement le tour, et il laissait, après le plaisir intense procuré par sa découverte, une question en suspens : Quid de la suite ?

Testament artistique ou retour en grâce ? Le silence mutique de Peter Milton Walsh, auquel nous étions pourtant habitués n’aidant pas, l’Internationale Pop se retrouvait désemparée…
La sortie de In and out of the lights, si elle ne bénéficie pas du long teasing précédant la sortie de son prédécesseur, reste plus prévisible, car après trois années d’attente, quelques concerts en 2018 nous avaient mis la puce à l’oreille sur le potentiel retour aux affaires du groupe.
Et le résultat est à la hauteur, très largement. On y entre comme dans un salon victorien au charme capiteux, décoré de tentures de velours rouge et de tapis moelleux. C’est feutré, élégant, intemporel et on sent toujours très rapidement poindre, au détour d’un refrain, le spleen puissant qui a toujours été le moteur du maître des lieux. En effet, jamais très éloigné par son œuvre ou sa vie des destinées tragiques façon Baudelaire ou Verlaine, le leader de The Apartments se livre à nouveau sur ses douleurs à travers lesquelles transpirent les effluves de l’alcool et de la solitude, par de subtiles touches plus ou moins nuancées. La facture indémodable des morceaux nous dévoile des mélodies lumineuses, comme des écrins sur mesure à la voix toujours plus sépulcrale de Peter Milton Walsh. Les arrangements, légers et d’une justesse infaillible, servent pleinement la puissance du propos, comme sur le poignant Butterfly Kiss. On reste étonné de voir à quel point l’esthétique musicale de The Apartments, classiquement et infailliblement pop au sens le plus noble du terme, reste étonnamment moderne et, à la lecture du mot « fin » sur la quatrième de couverture du livret, une seule question nous vient en tête : Quid de la suite?

Éternel recommencement…

What's Beauty To Do? The Apartments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici