Une histoire à la Pirus

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Scénariste et dessinateur de bandes dessinées, Michel Pirus écrit ses histoires en écoutant Iggy Pop (selon un de ses éditeurs) et on imagine que c’est plutôt la période Stooges de l’iguane. C’est vif et percutant, violent (souvent) et sombre. On ne fera pas ici le tour de l’ensemble de sa production mais plutôt un petit retour sur quelques incontournables du bonhomme (parce qu’on aime bien les Michel chez ElecTsu).

En commençant par l’album Rose profond qu’il dessine en 1989 sur un scénario de Jean Pierre Dionnet. Le cartoon se prend alors une bonne baffe : dans un pays aux allures de Mickeyland où tout le monde il est beau il est gentil, le héros dégringole sévèrement, violant la blanche colombe tant désirée après avoir trop picolé… Banni du pays rose, basculant au pays gris où il ne fait pas vraiment bon vivre, Malcom notre héros reviendra cependant chez lui, reconquérir sa dulcinée qui a tout pardonné, déclenchant au passage une révolution dans son gentil pays.

C’est avec le dessinateur Mezzo qu’en 1990 une petite histoire de noël est éditée par les Humanos dans les recueils Fripons. Cette fois-ci c’est la bonhomie du père noël qui en prend un bon coup sur les boules. La féerie n’est pas vraiment au rendez-vous, le gentil St Nicolas n’est rien moins qu’un sadique abusant d’une femme qui subit stoïquement les désirs libidineux du barbu, le tout en échange de cadeaux pour ses enfants. Ces derniers, pas vraiment des petits angelots, auront cependant le dernier mot… (Adult only et illustration non disponible)

En 1991 les deux compères décidément bien en phase publient les Désarmés chez Zenda. L’histoire : Jack Farell débarque à Crystal, la ville de son enfance, les poches bien vides. Pour revenir voir sa mère la tête haute, il décide d’organiser le braquage de la petite banque locale. Mais rien ne tourne vraiment rond et la mort est bout du chemin…

On retrouve ici tous les codes des polars les plus noirs, l’Amérique des perdants, des paumés, des sacrifiés. Braquage, road movie, flingues et whisky, les ingrédients sont classiques mais toujours détonants. A lire dans la version retravaillée par les auteurs et recolorisée.

Enfin toujours avec Mezzo au dessin, les trois tomes du Roi des mouches décrivent une jeunesse nihiliste et étrange, qui gobe et baise sans réel plaisir. On est selon Pirus ” au cœur même de ce tourbillon fascinant où se mêlent la confusion des sentiments post-adolescents, une violence qui naît de l’ennui, des mauvaises rencontres, du sexe et du Rock’n Roll…“. C’est gluant et déstabilisant. Un leitmotiv finalement.

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